Sam Roberts, Canada 150

Sam Roberts, 1re partie : Les trains, une histoire d’amour

Le train court dans les veines de Sam Roberts. C’est pourquoi le rockeur de Montréal en a beaucoup à dire sur le sujet, particulièrement à la veille du 150anniversaire du Canada, un pays unifié par les rails. Six fois lauréat d’un prix JUNO, il a fait des tournées partout dans le monde depuis la sortie de son premier album en 2002 et est récemment reparti faire la promotion de son album Terraform, en 2016. Les trains sont dans la famille depuis le temps de son grand-père, qui a travaillé dans le domaine en Afrique du Sud, d’où sont originaires ses parents. De là est né l’intérêt du chanteur pour les trains, dès son tout jeune âge — une passion qui lui colle encore à la peau.

Sam Roberts, Canada 150
(crédit : Jeff Fasano)

« C’était comme ça que je me rendais chaque fois à Toronto », dit le chanteur au téléphone, depuis son quartier de Notre-Dame-de-Grâce, à Montréal. « Je suis allé dans la Ville Reine pour la première fois en train VIA, qui offre d’ailleurs une meilleure vue de la beauté du paysage entre Montréal et Toronto qu’en roulant sur l’autoroute 401. »

Il a aussi ressenti le besoin de partir à l’étranger pour emprunter les mêmes voies ferrées que son grand-père et découvrir comment il gagnait sa vie. Sam a pris le train entre Johannesburg et Le Cap, à la pointe du continent. Puis, il s’est rendu jusqu’au nord du Zimbabwé — un voyage de deux jours.

« J’ai beaucoup joué aux cartes. Un parcours en train comme celui-là vous fait oublier le temps et la destination. Tout tourne autour du voyage comme tel, des gens que vous côtoyez et des moments passés avec eux. »

« Vous finissez par développer des amitiés de 24 ou 48 heures, des liens très sincères malgré leur brièveté, explique-t-il. Vous vivez ensemble une expérience, et c’est ce que je retiens vraiment des voyages en train. »

Les trains au cinéma et dans la littérature

La relation de Sam avec les trains dépasse la simple expérience du déplacement; pour lui, c’est aussi une affaire d’éducation, et sa passion pour l’histoire ferroviaire transparaît dans sa manière d’en parler. Il recommande de voir Rocky Mountain Express*, un film IMAX qui suit le parcours d’une locomotive à vapeur Hudson dans les Rocheuses. En relatant les vues splendides tout au long du chemin qui franchit Rogers Pass, en Colombie-Britannique, il fait référence au livre The Last Spike*, du Yukonnais Pierre Berton. L’ouvrage documente la construction du chemin de fer du Canadien Pacifique et constitue un incontournable qui, selon Sam Roberts, devrait être une lecture obligatoire pour tous les Canadiens. Non loin de Rogers Pass se trouve Craigellachie (C.-B.), où le dernier crampon fut posé il y a 132 ans, marquant l’achèvement de la voie du premier chemin de fer transcontinental au pays.

Sam Roberts, Canada 150

(image du film de Stephen Low Rocky Mountain Express)

« Quand vous voyagez en hiver et croisez ces trains qui traversent les cols, dit Sam, vous ne pouvez qu’être stupéfait de la volonté et de l’endurance dont ont dû faire preuve les gens pour accomplir tout ça. Pensez à ce que nous serions devenus – ou pas – en tant que pays, si ce chemin de fer n’avait pas vu le jour. »

Les trains en chanson

C’est donc sans surprise que les voyages ont marqué l’histoire de la chanson canadienne tout comme celle du pays qui célèbre en juillet son 150e anniversaire. Le chemin de fer a inspiré bon nombre de compositions sur l’épopée des trains, dont l’une des plus célèbres, Canadian Railroad Trilogy*, l’œuvre de Gordon Lightfoot. Mais, c’est une autre création du poète qui vient à l’esprit de Sam Roberts lorsqu’il pense aux trains : Steel Rail Blues*. Cette chanson douce et sentimentale relate la solitude d’un jeune homme se languissant de sa distante petite amie qui rêve du train qui le ramènera à la maison.

 

« C’est vraiment l’une des plus grandes chansons canadiennes, tous genres confondus, pense Roberts. Elle célèbre le chemin de fer et son rôle dans la définition de notre identité, en tant que Canadiens. C’est une chanson sur l’espoir, la mélancolie et, ultimement, la bêtise humaine. Le train y occupe presque la place d’un personnage, avec sa propre vie. C’est la promesse du retour à la maison. Une chanson dans la plus pure tradition canadienne. »

La semaine prochaine, dans la deuxième partie, Sam Robert nous parlera des quartiers qui font de Montréal, sa ville natale, un lieu magique. Et, nous découvrirons avec lui quelques-unes de ses haltes canadiennes préférées.

 

*site Web en anglais

image principale : Matt Williams

image panoramique: © Les FrancoFolies de Montréal, Frédérique Ménard-Aubin

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