Pour se détendre et refaire le plein, direction Chelsea, au Québec

« Pourquoi on n’irait pas à Chelsea? », ai-je demandé à mon mari à la fin mars. On avait besoin d’un peu du peps de ce début de printemps. Ayant déjà fait plusieurs randonnées dans le parc de la Gatineau et souvent visité le domaine Mackenzie-King, on se demandait quels autres trésors se cachaient dans ce coin tranquille du Québec, à quelques minutes d’Ottawa. On a bien vite découvert que Chelsea était aussi l’endroit idéal pour relaxer et se revigorer.

Un festin culturel à l’hôtel O’Brien House

On arrive à l’hôtel-boutique O’Brien House samedi après-midi, au soleil couchant. Construit en 1930 et ayant appartenu à l’origine au fondateur des Canadiens de Montréal, Ambrose O’Brien, l’endroit a été rénové avec brio. On tombe sous le charme dès qu’on franchit l’impressionnante porte rouge.

De l’hôtel-boutique O’Brien House, la vue sur le lac Meech est spectaculaire et le restera à la fonte des glaces, alors que les eaux calmes du lac apparaîtront. Crédit photo : O’Brien House

On nous accueille comme de vieux amis, puis on nous montre notre chambre, élégante mais sans prétention. Même si les arbres sont encore dénudés, la vue sur le lac Meech est tout simplement spectaculaire. Seul autre bâtiment visible : la Maison Wilson, lieu historique où l’Accord du lac Meech a été signé. J’ai envie de rester assise au bord du feu, à regarder par la fenêtre.

Mais finalement, on décide de descendre au grand salon d’époque pour lire, verre de vin à la main, bien installés dans les sofas moelleux et bercés par les notes de jazz. Autour de nous sont exposées des œuvres de la collection de la Couronne de la Commission de la capitale nationale. Il y a des pièces emblématiques, comme une sculpture en os de baleine de Sakkiassie Anaija et un tableau du drapeau national signé par le Canadien Charles Pachter. Dans le coin d’un autre salon, plus petit celui-là, se dresse une horloge grand-père ayant appartenu au cinquième premier ministre, sir John Sparrow David Thompson.

Blotissez-vous près du foyer et admirez la richesse de l’art canadien qui orne le salon du O’Brien House. Crédit photo : O’Brien House

Plus tard, on soupe dans la salle à dîner, où des chandelles à chaque table créent une ambiance romantique. Le menu parle très justement d’une « obsession pour les aliments locaux », de « plats savamment composés » et d’une « présentation renversante » Je commande la divine et veloutée bisque de homard. Il n’y a pas à dire : elle est « savamment composée ». Et que dire de la présentation, sinon qu’elle est « renversante »? Les œufs de poisson d’un rouge éclatant rendent les délicats morceaux de homard et les pétoncles encore plus appétissants.

Une pause revigorante au Nordik Spa-Nature

Le Spa Nordik est un site enchanteur incontournable lorsque vous êtes à Chelsea, au Québec. Crédit photo : Spa Nordik

Le fameux Nordik Spa-Nature est un autre grand attrait de Chelsea. Du pur bonheur, dans un cadre des plus enchanteurs. Pendant plusieurs heures, on se prélasse à la chaleur pour ensuite réveiller nos sens dans l’eau glaciale. On sent le stress s’évaporer, et les endorphines nous mettent de bonne humeur.

Des flocons nous caressent les joues pendant qu’on se glisse dans le bain chaud. « C’est magique », me souffle mon mari, alors qu’à quelques mètres de nous, des feux de bois crépitent, répandant leur arôme. À l’intérieur aussi, on se fait traiter aux petits oignons. Avec le traitement Källa,  on flotte en toute sérénité dans un bassin chaud d’eau saline. C’est comme une version miniature de la mer Morte.

Au Spa Nordik, vivez l’expérience de l’apesanteur dans un bain flottant Kalla au sel d’Epsom, un des deux seuls du genre au monde. Crédit photo : Spa Nordik

Mais mon expérience préférée, c’est le rituel Aufguss, une ancienne tradition allemande. Assise au premier rang dans un immense sauna à gradins, je laisse mon corps absorber les huiles essentielles – orange douce, théier, pin sylvestre – diffusées successivement par deux experts qui agitent des serviettes en faisant des mouvements rappelant ceux de la gymnastique rythmique.

Toute cette détente nous ouvre l’appétit. En croquant dans mon hamburger juteux et épais, dans l’un des restaurants sur place, je remarque le teint radieux de mon mari. Et lui de me dire, comme s’il avait lu dans mes pensées, « tu rayonnes ».

À la découverte de Chelsea

Au cours de la fin de semaine, on découvre plusieurs bonnes adresses à Chelsea. On dîne chez Les Fougères, un bistro moderne et ensoleillé. Attablés dans un coin devant une baie vitrée avec vue sur la forêt, on se serait contentés du délicieux pain aux 12 grains tartiné de beurre de fenouil et de pollen. Mais je suis bien contente d’avoir commandé les œufs bénédictine, certainement les meilleurs que j’ai mangés de toute ma vie! Un rösti croustillant à point remplace le traditionnel muffin anglais. Mon mari me donne aussi quelques cuillerées de sa soupe patate douce-carotte-tamarin. Je suis surprise qu’il veuille partager… à sa place, je l’aurais toute mangée!

Le menu du bistro Les Fougères est riche de produits locaux. Notez : leurs œufs bénédictine sont à se rouler par terre! Crédit photo : Les Fougères

Le bistro comprend aussi une boutique qui vend toutes sortes de petites choses soigneusement choisies, allant des vieux jeux de société aux plats à emporter (comme l’aiglefin fumé et la soupe aux poires et aux cerises). À l’étage, il y a la Galerie Old Chelsea, dirigée par des artistes de la région. Sur fond de musique classique, on admire les tableaux et les objets d’artisanat exposés. Ce jour-là, c’est l’artiste-peintre Marianne Feaver qui nous accueille à bras ouverts.

Le Centre des arts La Fab – studio et galerie dans l’ancien presbytère de l’église St. Stephen – est aussi dirigé par des artistes. Cet endroit génial présente un mélange éclectique : bijoux, céramiques et bien plus encore. On achète de magnifiques sous-verres en vitre, et on note l’adresse pour les prochains cadeaux qu’on aura à faire.

Après le lunch à Les Fougères, faites un arrêt au Centre des arts La Fab qui vous propose des idées cadeaux tout à fait uniques. Crédit photo : Sue Nador

On fait deux autres achats au village. D’abord chez Bougie Doozy : après m’être rincé l’œil dans la boutique remplie de couleurs kaléidoscopiques, je choisis plusieurs chandelles avec des noms apaisants comme « Fleur de cerisier japonais ». Enfin, on se rend à la Boucanerie Chelsea. J’aurais été prête à payer un droit d’entrée, ne serait-ce que pour l’odeur irrésistible du poisson fumé sur du bois d’érable canadien. On repart avec du saumon fumé traditionnel et un autre infusé à l’érable, au zaatar et à la coriandre.

À la prochaine!

Notre belle escapade à Chelsea était exactement ce qu’il nous fallait pour sortir de notre marasme. Cette municipalité a beau être petite, on a seulement visité une fraction de ses restos, galeries et boutiques spécialisées. Alors on compte bien y retourner bientôt pour poursuivre l’exploration! En attendant, voici quelques belles photos prises par des voyageurs dans la région de Chelsea et du parc de la Gatineau…

Image d’en-tête : Spa Nordik

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