yop

Art et cuisine à Kingston

Ce n’est pas un secret : Kingston est une magnifique ville historique, riche en divertissement et en culture. Mais jusqu’à récemment, son savoir-faire culinaire passait pratiquement inaperçu. Saviez-vous qu’on y trouve l’un des plus hauts taux de restaurants par habitant au Canada? Moi, en tout cas, je n’en avais aucune idée, alors j’ai décidé d’investiguer où manger à Kingston, et j’ai demandé à mon copain, ex-résident de la ville et diplômé de l’Université Queen’s, s’il voulait bien être mon guide amateur pour l’occasion. Il va sans dire qu’il s’est facilement laissé convaincre par mon projet de fin de semaine gourmande.

Le souper du vendredi

Au départ de Montréal, nous sommes arrivés à la gare de Kingston un soir venteux de printemps. Premier arrêt, le Delta Waterfront *, où notre chambre, fidèle au nom de l’hôtel, offrait une vue spectaculaire sur le point de rencontre entre la marina et le lac Ontario. La cerise sur le gâteau? Nous n’avions pas à aller bien loin pour satisfaire notre appétit dévorant, le Diane’s Fish Shack & Smokehouse se trouvant à deux pas de là.

Les savoureux tacos de poitrine de bœuf BBQ
Les savoureux tacos de poitrine de bœuf BBQ à Dianne’s

L’établissement est recommandé par nul autre que John Catucci, le populaire animateur de l’émission You Gotta Eat Here, à Food Network. Tentés par la terre comme par la mer, nous avons commandé de légers et croustillants tacos de poisson enrobé d’une pâte à la bière façon Baja, de savoureux tacos de poitrine de bœuf BBQ, et des guédilles crémeuses au homard avec un bol de chaudrée onctueuse. Et comme la nuit était jeune (on était vendredi, après tout), nous avons traversé quelques coins de rue jusqu’au Tango Nuevo, un bar à tapas branché où nous avons savouré du chardonnay et de l’Estrella Damm dans un décor tamisé qui nous transportait directement en Espagne.

Le petit-déjeuner et une visite du crieur public

Une journée remplie d’expériences gastronomiques nous attendait le samedi. Dans la fraîcheur d’un matin sans nuages, nous sommes allés au Northside espresso + kitchen* pour le petit-déjeuner. Le café était bondé, et pour cause. Son décor semble tout droit sorti de Pinterest, avec son plafond et ses murs recouverts d’étain blanc et ornés de motifs floraux, ses jolies plantes vertes suspendues et ses fleurs roses dans des pots à médicaments d’époque. Et que dire du menu.

Ne manquez pas le déjeuner au Northside Espresso and Kitchen
Ne manquez pas le déjeuner au Northside Espresso and Kitchen

Assumant notre voracité, nous avons commandé un petit festin : du pain aux bananes épais légèrement grillé avec beurre à l’espresso, des œufs bénédictine pochés à la perfection avec jarret de porc recouverts d’une riche sauce hollandaise au cidre de pomme et servis sur des röstis, des galettes de patate douce avec graines de citrouille, un accompagnement de petits fruits et, bien sûr, du café du 49th Parallel. Et nous qui avions prévu nous promener dans la ville et manger autre chose ce jour-là…

Histoire de prendre une pause de notre gros itinéraire glouton, nous avons rencontré le « crieur public » Chris Whyman, de Tourisme Kingston (je vous mets au défi de trouver quelqu’un qui connaît mieux la ville que lui).

Entièrement vêtu d’un attirail traditionnel, Chris nous a accompagné dans notre balade au cœur de la ville, où il a attiré notre attention sur des attractions d’importance comme l’hôtel de ville et le marché public, et sur les installations d’entreprises emblématiques comme Cooke’s Fine Foods and Coffee, qui a commencé ses activités avant même la Confédération.

Chris Wyman, crieur public
Chris Whyman, crieur public

La plupart des bâtiments de Kingston semblent s’être parfaitement conservés au fil des siècles, ce qui donne à la ville son cachet pittoresque d’antan. Comme l’a fièrement souligné Chris, Kingston marie le charme d’un village avec l’esprit effervescent d’une grande ville.

Le dîner et un détour au centre d’art Agnes Etherington

Dans le temps de le dire, et non sans déplaisir, nous poursuivions notre escapade gastronomique avec un arrêt au Curry Original*, où nous nous sommes offert des bhajis à l’oignon, un biryani au poulet aromatique et un aloo Bombay épicé.

Un plat de biryani à Curry Original
Un plat de biryani à Curry Original

Comme nous étions incapables de manger quoi que ce soit d’autre – du moins pour l’instant –, le moment était bien choisi pour étancher notre soif de culture. Nous avons donc mis le cap sur le centre d’art Agnes Etherington, à l’Université Queen’s, pour visiter l’exposition temporaire Shame and Prejudice: A Story of Resilience*, de Kent Monkman. Par une série de toiles frappantes, l’artiste incroyablement talentueux présente la sombre histoire de nos pensionnats tout en honorant l’esprit irréductible des Autochtones du Canada.

Une painture de Kent Monkman au Agnes Etherington Art Center
Une painture de Kent Monkman au Agnes Etherington Art Center

Une soirée encore plus copieuse

Le dîner étant suffisamment loin derrière nous, il était à nouveau l’heure de titiller nos papilles, cette fois avec les plats italiens haut de gamme de la Casa Domenico. Un verre de chianti à la main, nous promenions notre regard sur les clichés noir et blanc ornant le mur, parfaits exemples de la vie italienne, en essayant tant bien que mal de faire un choix parmi tous les mets alléchants que proposait le menu.

En entrée, une assiette de tendres pétoncles poêlés et de patate douce, le tout garni de pignons de pin et d’une sauce au cassis. Pour ce qui est du plat principal, j’ai renoncé à l’élégance et dévoré volontiers un généreux bol de rigatonis dans une sauce bolognaise à l’agneau. Et comme il reste toujours de la place pour un dessert, nous avons partagé un délicieux carré au chocolat chaud avec, pourquoi pas, de la crème glacée au caramel salé et un coulis de framboises.

Le brunch et un arrêt à la Martello Alley

Qui dit dimanche matin dit brunch. Si vous croyez que j’en avais alors fini avec la nourriture, détrompez-vous : de succulents œufs bénédictine avec du bon café nous attendaient au Windmills.

Martello Alley
Martello Alley

Nous nous sommes ensuite rendus à Martello Alley*pour découvrir ses œuvres d’art. Véritable joyau méconnu, cette allée est cachée derrière un restaurant sur la rue Wellington. En 2015, son propriétaire, l’artiste David Dossett, a converti un espace extérieur gris et morne en une galerie vive et éclatante où des artistes locaux affichent et vendent leurs œuvres, notamment des paysages de Kingston, des bijoux en verre artisanaux et des photos des attractions emblématiques de la ville.

Et voilà : après 48 heures de plaisirs épicuriens à l’état pur, il était maintenant temps de nous traîner jusqu’à la gare et de rentrer à Montréal…

* Sites en anglais seulement

Image principale: ©Northside Espresso and Kitchen

(Visited 417 times, 1 visits today)

Laisser un commentaire

Soyez le premier à commenter !

wpDiscuz