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Plaisirs d’hiver à Québec

La dernière fois que je suis allée à Québec, j’avais 12 ans et c’était pour une activité scolaire. Mises à part quelques photos floues prises avec un appareil jetable, je me souviens à peine de cette journée —ni même de la ville, en fait. Mais elle m’a de nouveau attirée quand les multiples messages sur Twitter et Instagram m’ont rappelé tout ce que cette belle, vieille capitale a à offrir.

Le souper du vendredi soir

Il venait de neiger et l’état des routes laissait vraiment à désirer, alors mon copain et moi avons pris le train à Montréal pour notre escapade du week-end. Nous sommes arrivés plus tard en soirée à la Gare du Palais pour nous installer à l’Hôtel 71 au cœur du Vieux-Québec. Ce chic hôtel boutique, très tendance, mêle son style architectural néoclassique à un design intérieur moderne. Notre chambre au quatrième nous donnait une vue spectaculaire de l’hôtel Fairmont Le Château  Frontenac, mais la première chose qui m’a sauté aux yeux était la hauteur du plafond, de plus de 4 mètres  (14 pieds) – parfaite pour mon conjoint, qui en fait 1,8 m (plus de 6 pieds).

C’est le moment où nos estomacs se sont fait entendre. Et juste à un pas, peut-être deux, se trouvait le Café St-Malo, un petit bistro français charmant et chaleureux. La carte présentait des plats français classiques comme le cassoulet, le steak frites et le tartare de saumon, mais dès qu’on m’offre du confit de canard, je saute sur l’occasion. Je ne me suis pas trompée! Tout en mangeant, nous ne pouvions qu’admirer la beauté de la rue, partout coiffée de neige poudreuse qui scintillait au clair de lune.

La balade du samedi matin

La glissade de la Terrasse Dufferin.
La glissade de la Terrasse Dufferin.

Même si la température se tenait résolument autour des 18 degrés sous zéro, nous nous sommes bien emmitouflés, à la mode du pays, pour aller prendre un grand bol d’air – décidément plus que frais – sous un soleil trompeur. Nous nous sommes faufilés le long des coquettes rues à pavés et des boutiques rustiques du quartier Petit Champlain, insufflées d’une fantaisie magique par les lumières et les décorations des Fêtes. Notre premier arrêt a été la Terrasse Dufferin, au pied du Château Frontenac, pour voir sa glissade centenaire. Je sais bien que la fortune sourit aux audacieux, mais en les regardant descendre à des vitesses pouvant atteindre 70 km/h, il nous a paru plus avisé d’admirer le courage de ceux qui s’y risquaient.

À l’heure du midi, nous nous sommes arrêtés au Bar Artefact, le luxueux bistro de l’Auberge Saint-Antoine. Et comme son nom l’indique, il recèle des douzaines de reliques et d’objets anciens trouvés en fouillant le site au fil des siècles : des éclats de poterie, des bouteilles de verre soufflé, et même un canon. En sirotant un cocktail à base de tequila et d’eau de rose, j’ai opté pour un délicieux plat de poulet crémeux accompagné de riz sauvage et d’asperges pour me réchauffer avant d’affronter l’air glacial qui nous attendait dehors. Confortablement calés dans des divans aux accents orange et turquoise, nous avons dégusté notre repas, dans un décor luxueux, entourés de centaines d’années d’histoire.

Le cocktail "Rose's Fizz" au bar Artefact.
Le cocktail « Rose’s Fizz » au bar Artefact.

En après-midi, musées et attractions

Il y a d’innombrables musées à Québec, mais en tant qu’entichée officielle d’histoire, il me fallait voir le Musée de la civilisation. Sa toute dernière exposition, C’est notre histoire, raconte le parcours des peuples autochtones du Québec au moyen de tableaux, de photographies et d’autres œuvres traditionnelles.

Comme il ne restait plus qu’environ une heure de clarté, nous nous sommes précipités vers l’Observatoire de la Capitale pour ne rien manquer du coucher du soleil, au 31e étage de l’édifice. Le ciel rose tendre et la couche ouatée de neige blanche formaient un tableau aux touches éthérées d’une ville aperçue, à 360 degrés, dans l’intimité de son hiver.

La vue de la ville du 31ème étage de l'Observatoire de la Capitale.
La vue de la ville du 31ème étage de l’Observatoire de la Capitale.

Le jour étant tombé, nous nous sommes dirigés vers le Marché de Noël allemand, Place de l’Hôtel-de-Ville, où des marchands vendent des produits artisanaux, des décorations des Fêtes et d’autres objets typiquement allemands. Nous nous sommes promenés tout heureux entre les kiosques joliment décorés, les musiciens et les artistes, en nous réchauffant avec une tasse de vin chaud.

Le Marché de Noel Allemand. (©Genevieve Roussel)
Le Marché de Noel Allemand. (©Genevieve Roussel)

La soirée s’est terminée Chez Boulay  – bistro boréal, un restaurant qui nous avait été fortement recommandé. S’inspirant d’une cuisine nordique et de pratiques durables, on y offre un menu constamment renouvelé et parfaitement saisonnier, aux plats mitonnés avec des ingrédients provenant presque exclusivement des régions boréales du Canada. Pour commencer, j’ai commandé un mélange de légumes d’hiver; si seulement j’avais su, enfant, que les choux de Bruxelles et la courge pouvaient avoir aussi bon goût, j’aurais troqué mes pop-tarts pour des légumes sans la moindre hésitation. Éternelle indécise, mon conjoint a choisi pour nous deux le duo du chef : des pétoncles onctueux, de tendres médaillons de viande de chevreuil, de la polenta, des champignons et de la salade de chou. Arrosée de vin rouge, cette expérience culinaire a été l’une des plus exceptionnelles et des plus gratifiantes que j’aie jamais connues.

Une visite gourmande le dimanche

Pour notre dernier jour, nous nous sommes aventurés vers le quartier Saint-Roch pour une visite gourmande. Quel meilleur moyen de connaître un endroit sinon par sa gastronomie? Nous avons entamé la tournée par la Fromagerie des Grondines et ses amies, une boutique où nous avons goûté différents fromages de la région et de la charcuterie biologique. Comme il faisait encore froid, nous avons mordu à belles dents dans un fondant « grilled-cheese ». Heureusement pour nous, nos quatre prochains arrêts étaient à quelques minutes les uns des autres. Entre-temps, Sébastien, notre guide enthousiaste, nous faisait oublier le frimas de nos haleines en nous décrivant la récente revitalisation du quartier Saint-Roch et son milieu artistique animé.

Notre prochain arrêt? Noctem Artisans Brasseurs. Je n’ai su résister à sa décoration au thème félin, cher à mon cœur. Nous avons commandé une « portée de chatons », quatre petites bières, dont une cream ale ambrée, une stout, une India Pale Ale américaine, et une saison. Noctem se distingue aussi des autres brasseries en servant une nourriture santé, sans aucune friture.

Le "grilled-cheese" chez la Fromagerie Grondines et ses amies.
Le « grilled-cheese » chez la Fromagerie Grondines et ses amies.

Au contraire de celle qu’apprête Noctem, la poutine de Chez Ashton, où était notre deuxième arrêt, est préparée de façon traditionnelle, et fut dévorée rapidement par nos voisins américains dans le groupe. Nous sommes ensuite allés à la Maison de thé Camellia Sinensis, connue pour son Thé du Labrador, avant de finir notre visite gourmande par un chocolat chaud chez Champagne Chocolatier.

Notre tournée finie, nous avons brûlé les succulentes calories de l’après-midi en nous promenant à Saint-Roch, où abondent les cafés sympathiques, les galeries d’art, les boutiques et les bars, avant de monter à bord du train qui nous ramènerait chez nous. Bien sûr, la température peut être froide, mais il y a tant à faire à Québec, l’hiver, qu’on tolère très bien de se faire aplatir les cheveux sous une tuque, le temps d’un week-end.

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