Des ours polaires et plus encore à Churchill, au Manitoba

Situé sur les berges de la baie d’Hudson, en plein milieu d’une voie migratoire – qui va de la forêt à la toundra et jusqu’à la mer- Churchill mérite bien son surnom de capitale mondiale de l’ours polaire. Chaque automne, pendant la « saison des ours polaires », des visiteurs des quatre coins du monde déferlent vers ce minuscule village subarctique où l’on compte plus d’ours que de résidents (1 000 ours polaires pour seulement 899 habitants, selon certaines estimations).

Bien que ces féroces quadrupèdes velus (qui sont peut-être mignons, mais qui demeurent tout de même des ours) vaillent à eux seuls le déplacement, cette ville du Grand Nord offre également d’autres d’activités – croyez-moi, je les ai toutes essayées!

Puissants ours polaires

Nanook est le nom donné aux « maîtres des ours », créatures mythiques de la culture Inuite. Crédit photo: Travel Manitoba

Une randonnée en nature non loin des côtes sauvages abritant le plus grand carnivore terrestre de la planète vous permettra d’observer de près ce qui fait de cette destination un endroit à part (un conseil : Ne vous promenez pas seul!). Durant notre excursion, mon guide Paul – qui porte une carabine en bandoulière – me montre les fleurs sauvages locales et me parle de l’écosystème unique de ce coin du Nord manitobain, où la forêt boréale rencontre la toundra.

Nous apercevons rapidement un renard arctique qui, occupé à prendre un bain de soleil sur un rocher, ne fait pas attention à nous. Puis, soudain, deux ours – une mère et son petit – surgissent à environ 70 mètres de nous. « Tu as vu comme ils sortent de nulle part? », me fait remarquer Paul. Il me conseille de ne pas bouger et de leur laisser le champ libre : les deux ours ne tardent pas à s’éloigner de nous. Le duo vient à peine de disparaître derrière un monticule de roches précambriennes – les plus anciennes de la planète– que nous les revoyons se dirigeant vers la baie. Ils avancent beaucoup plus vite que nous.

Observation des baleines

Les bélugas, également appelés « canaries des mers », sont l’une des espèces de baleines les plus vocales. Crédit photo: Travel Manitoba

On entend les cétacés avant de les voir. L’été, pendant la saison des bélugas, ces mammifères marins affluent dans l’estuaire pour se reproduire.

Vêtu d’une épaisse combinaison étanche conçue pour l’arctique, je monte à bord d’un zodiac de la société d’excursions Sea North Tours*. Rapidement, je flotte dans des eaux glaciales aux couleurs bleues etvertes, là où la rivière Churchill converge avec la vaste baie d’Hudson.

Sur notre bateau, nous tendons l’oreille. Après un moment, nous les entendons : d’abord faiblement, puis de plus en plus fort. C’est par leur « chant » aigu et ressemblant à ceux de créatures extraterrestresque les bélugas, de la taille d’une voiture compacte, communiquent entre eux. J’ai l’impression qu’ils parlent de moi et j’ai peut-être raison, car quelques instants plus tard, j’entrevois un béluga dans les eaux troubles, suivi de ses compagnons, qui s’approchent de plus en plus. Enfin, le plus amical d’entre eux, qui semble presque sourire, émerge des flots à quelques centimètres du bateau, se tourne et me regarde droit dans les yeux avant de disparaître à nouveau dans la rivière.

Fort Prince-de-Galles

Construit par l’explorateur James Knight, le fort Prince-de-Galles fut désigné un lieu historique national en 1920. Crédit photo: Eric Lindberg

Bien que fort isolée, cette région du Canada fut explorée assez tôt par les Européens. Dès 1717, la Compagnie de la Baie d’Hudson fit construire un fort sur les rives de la rivière Churchill, qui devint par la suite une imposante fortification en forme d’étoile : le fort Prince-de-Galles. Aujourd’hui, le monument  est un lieu historique national. Les visites guidées organisées par Parcs Canada qui y sont offertes ramènent les visiteurs à une époque où le site était un haut lieu de commerce pour des centaines d’Autochtones, qui enseignaient également aux Européens (en majorité mal préparés) comment vivre de la terre. En déambulant sur ces remparts protégés par des dizaines de canons, je tente de m’imaginer cet endroit lorsqu’il grouillait de vie.

Aurores boréales à Churchill

Plutôt rares pendant les mois d’été – où la durée d’ensoleillement peut atteindre 18 heures – les aurores boréales se manifestent souvent à l’automne, à l’hiver ou au printemps. Vous trouverez des points d’observation aux quatre coins de la ville, des Tundra Buggies à la verrière de l’Aurora Pod*, en passant par le dôme chauffé et le poste d’observation du Churchill Northern Studies Centre*. Sinon, vous pouvez aussi faire comme moi et tout simplement sortir de votre chambre de motel et lever les yeux pour admirer le spectacle impressionnant de ces ondes vertes qui serpentent dans le ciel.

Le Seal River Heritage Lodge

Passez une nuit au Seal River Heritage Lodge, un hôtel entièrement équipé, situé en plein cœur du pays des ours polaires. Crédit photo: Scott Zielke

Situé sur les rives de la baie d’Hudson, à 30 minutes de vol de Churchill, le Seal River Heritage Lodge* est en plein cœur de l’action. Choisi comme l’un des gîtes les plus exceptionnels au monde par National Geographic, le complexe est protégé par des clôtures. Vous pourrez donc observer de près les ours, qui sont des centaines à passer par-là en route vers la baie, tout en restant bien en sécurité derrière une grille, ou encore derrière les immenses fenêtres du gîte pendant que vous déjeunez ou pendant que vous vous réchauffez près du feu.

Approchez-vous d’un puissant ours polaire. Nous vous recommandons toutefois de garder vos pieds et vos mains en sécurité! Crédit photo: Tim Johnson

Encore mieux, vous pouvez partir en excursion dans la toundra sauvage, au milieu des ours polaires, en compagnie de guides formés au comportement de ces derniers. Lors de ma visite, un gigantesque mâle a aperçu notre petit groupe et a fait demi-tour pour se diriger droit vers nous : avec horreur, nous le regardions s’avancer en silence, d’un pas lourd et assuré. « Assez! », a alors commandé fermement Derek le guide en charge, à l’ours, qui a enfin changé sa trajectoire pour passer à notre droite, avant de s’éloigner.

« Il n’y a vraiment rien qui puisse battre ça! », s’est ensuite exclamé Derek, et je ne peux qu’être d’accord avec lui.

Image d’en-tête: Dans beaucoup de cultures Autochtones, les aurores boréales étaient perçues comme étant la danse d’esprits humains ou animaux. Crédit photo: Nate Luebbe

*Sites en anglais seulement

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