Une virée torontoise sous le signe de la culture noire

La communauté torontoise se plaît à célébrer ses racines diverses, à échanger des idées créatives et à explorer des enjeux contemporains qui s’articulent autour de la race et de la culture. À l’approche du Mois de l’histoire des Noirs, quatre résidents branchés nous dévoilent où aller dans la ville pour découvrir les contributions des Afro-Canadiens à la scène culturelle.

Restos et bars avec Eden Swagos

Eden est blogueuse, organisatrice d’événements et créatrice de Black Foodie.
Eden est blogueuse, organisatrice d’événements et créatrice de Black Foodie.

« Je ne manque pas de restaurants préférés à Toronto! D’abord, Enat Buna*, qui fusionne la cuisine éthiopienne à d’autres styles. On y concocte, par exemple, des injeras ou des tortillas à la viande ou végétariens, assaisonnés d’épices rouges éthiopiennes. J’adore sa cérémonie du café, où la boisson riche est servie avec du pop-corn! Pour les desserts jamaïcains, on va au Simone’s Caribbean Restaurant*, qui propose des délices comme des gizzadas à la noix de coco, des galettes au gingembre et des gâteaux noirs. Enfin, je prends du granité au rhum et du macaroni au fromage façon haïtienne chez Rhum Corner*, un bar qui appartient à l’artiste Roland Jean et à sa femme restauratrice, Jen Agg.

Côté événementiel, je recommande Injera and Chill*, qui est en fait une journée festive avec DJ et mets d’inspiration africaine. Il y a aussi Sunday Lunch*, organisé par Restoration Farms, où les recettes familiales de plats et de boissons des Caraïbes sont à l’honneur, version “de la ferme à la table”. Des conférenciers sont invités à parler de différents sujets, comme la diversité dans l’industrie de la bière en Ontario.

Les Torontois adorent la bouffe haïtienne, les cocktails et la sélection de rhums au bar Rhum Corner.
Les Torontois adorent la bouffe haïtienne, les cocktails et la sélection de rhums au bar Rhum Corner.

Chopsticks and Forks offre des tournées gastronomiques qui situent la cuisine africaine et caribéenne dans un contexte mondial : on se rend au marché Kensington pour goûter à une panoplie de mets, des nouilles coréennes à la bouffe de rue mexicaine en passant par les doublés de Trinidad et les pâtés jamaïcains. »

Théâtre et cinéma avec Naila Keleta-Mae

Naila est professeure adjointe en théâtre et interprétation à l’Université de Waterloo. Son cours sur le genre et l’interprétation, fondé sur l’étude de Beyoncé, connaît une forte popularité.
Naila est professeure adjointe en théâtre et interprétation à l’Université de Waterloo. Son cours sur le genre et l’interprétation, fondé sur l’étude de Beyoncé, connaît une forte popularité.

« La scène du théâtre noir est en effervescence à Toronto. L’Obsidian Theatre Company* produit d’excellentes pièces qui jettent un regard nouveau sur la vie des Noirs. Ne manquez pas School Girls; or, The African Mean Girls Play de Jocelyn Bioh, en mars. It’s a Freedom Thing* (IFT) est une troupe de théâtre expérimental dont la fondatrice, Mumbi Tindyebwa, met parfois des spectacles en scène au Soulpepper, un théâtre qui fait une place aux pièces afro-américaines dans sa programmation. Et il ne faut pas oublier le théâtre fondateur LGBTQ Buddies in Bad Times*, où se produisent de talentueux artistes noirs queer.

 Des membres de la distribution de la pièce “The African Mean Girls Play” de l’Obsidian Theatre Company.
Des membres de la distribution de la pièce “The African Mean Girls Play” de l’Obsidian Theatre Company.

Pour constater l’excellence noire au grand écran, il y a le volet Black Star du Festival international du film de Toronto. C’est là que j’ai vu l’un des premiers films d’Ava DuVernay, au Bell Lightbox. Le Festival du film de Regent Park*, qui a lieu gratuitement en été, est un événement communautaire qui propose des projections extérieures d’œuvres de cinéastes au bagage culturel varié. Enfin, la programmation du Festival international du film Black de Toronto* regorge de films produits par des artistes noirs. On peut également y déguster des mets cuisinés par des chefs locaux d’origine africaine et caribéenne. »

Danse avec Aaron Aquino-Annobil

« La danse est un langage universel; elle est à la portée de tous. J’enseigne au Underground Dance Centre*, où des cours libres sont offerts dans différents styles, dont le hip-hop, le dancehall, le breakdance, la danse urbaine, le popping et le locking – sans oublier le style “Beyoncé” pour les débutants, et à peu près tout ce qui se trouve entre la danse contemporaine et la K-pop. J’adore le cours de danse africaine d’Esie Mensah, qui est fondé sur des mouvements traditionnels auxquels elle ajoute des notions de soca, de hip-hop, de house et de danse contemporaine.

Au Millennium Dance Complex*, où j’enseigne aussi, des chorégraphes invités viennent donner des classes de maître. Et j’aime assister au cours intitulé “Always Good Vibes” chez Dance Teq*, parce que le prof, Snapp, explique à la fois la technique et l’histoire du dancehall. Si vous avez juste envie d’aller danser, je recommande Apartment 200* pour sa musique, qui va du hip-hop classique du début des années 2000 au reggae des années 1990 en passant par le dancehall moderne. »

Festivals avec Nana aba Duncan

Nana aba anime l’émission matinale Fresh Air, la fin de semaine sur les ondes de CBC.
Nana aba anime l’émission matinale Fresh Air, la fin de semaine sur les ondes de CBC.

« L’Afrofest est une grande fête africaine annuelle. Il y a de la danse, de la nourriture, un cercle de tambours, une section pour enfants et une scène où des artistes de renom se produisent. Avec tous mes amis de la communauté ghanéenne de Toronto, on s’y retrouve chaque année pour s’étreindre et se donner des nouvelles. C’est une belle façon d’aider mes enfants à découvrir leurs racines africaines, eux qui sont d’origine mixte. Le soir, des gens de différentes cultures dansent sur des rythmes africains. Tout le monde s’amuse à l’Afrofest – c’est un rassemblement qui se fait dans la joie.

Depuis longtemps, Caribana occupe une grande place dans ma vie, avec ses couleurs et son effervescence électriques. Je me suis même déjà costumée à quelques reprises pour prendre part à la mascarade avec certains groupes et faire la fête avec eux après le défilé. On se lève vraiment tôt le matin, on fait ce qu’on peut pour bien paraître, mais disons que ce n’est pas une bonne idée de mettre des talons : ça prend des souliers de course pour danser toute la journée! Caribana offre aussi un volet pour les enfants. Le dimanche, il y a des activités familiales, de la musique et de la nourriture caribéenne à l’événement Chutney in de Park. »

À ne pas manquer en 2019

Mickalene Thomas: Femmes noires*, une exposition de portraits audacieux de femmes noires par l’artiste Mickalene Thomas. La chanteuse Diana Ross et l’actrice Diahann Carroll figurent parmi les modèles. Au Musée des beaux-arts de l’Ontario (jusqu’au 24 mars).

L’African Fashion Week Toronto*, une célébration de la mode et de la diversité au Globe and Mail Centre (août-septembre).

En février, dans le cadre du mois Black Future, b current performing arts* propose des ateliers, des discussions et des spectacles sur une panoplie de sujets, de la sculpture en blocs Lego afrofuturiste à l’écriture de haïkus apaisants.

* Sites en anglais seulement.

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