Aurore boréale au-dessus d’une cabane. Endroits à visiter au Canada, Churchill, Manitoba

Churchill, Manitoba : art et aurores boréales en zone subarctique

Le ciel vire au rose lorsque ma mère et moi débarquons du train à Churchill, au Manitoba. Nous avons passé la nuit dans nos couchettes à nous faire bercer par le roulis du train, traversant la forêt boréale et la taïga pour enfin arriver à destination alors que le soleil se lève sur la toundra de la baie d’Hudson. Nous avons parcouru tout ce chemin pour admirer les aurores boréales.

La gare, construite en 1929, abrite le musée de Parcs Canada qui nous renseigne sur l’histoire et l’écologie de la région. J’ai la chance de pouvoir entrer dans la réplique d’une maison d’été d’une famille crie Omaskekow et d’observer des boucles de chaussures découvertes au Lieu historique national York Factory, un poste de traite de la Compagnie de la Baie d’Hudson datant du XVIIe et situé à 200 km au sud de la ville, près du parc national Wapusk. Plus près de Churchill, l’imposant Fort Prince-de-Galles, construit sur une période de 40 ans au XVIe siècle, accueillait déjà les premiers admirateurs du ciel. Cet hiver, le fort hébergera encore une fois les amateurs d’aurores boréales pour quelques soirées à l’occasion d’une expérience culinaire exceptionnelle proposée par Frontiers North et RAW: almond (sites en anglais seulement).

Il est encore tôt et Churchill a beaucoup à offrir pendant que le soleil brille encore à l’horizon. Une fois installées au Tundra Inn (site en anglais), où je craque pour une magnifique paire de mukluks (mocassins) en peau de phoque noir exposée dans le hall de l’hôtel, nous partons explorer les lieux.

Manitobain pure laine 

Things to do in Churchill, Churchill, Manitoba
Le Centre d’accueil de Parcs Canada

Le musée Itsanitaq (site en anglais) propose des centaines d’œuvres d’art inuites sculptées entre autres dans des os de baleine, des défenses de morse ou la saponite. J’apprends aussi dans la librairie bien garnie de la boutique de souvenirs que, selon une ancienne croyance inuite, les aurores boréales incarneraient les âmes des ancêtres jouant à la balle avec le crâne d’un morse.

Notre apprentissage de l’art inuit se poursuit au Town Centre Complex où sont tendues de nombreuses tapisseries aux couleurs vives illustrant les légendes et des scènes de la vie quotidienne. Elles ont été confectionnées dans les années 1970 par les femmes du lac Baker, dans les Territoires du Nord-Ouest, grâce à un don de matériaux du gouvernement. C’est la plus importante collection de la sorte.
La boutique de la Arctic Trading Company (site en anglais) propose aussi de nombreuses pièces d’artisanat. Ses mocassins sont fabriqués dans l’atelier attenant à partir de fourrures issues de la trappe locale. On y vend également de la broderie perlée, des sculptures inuites et des œuvres de touffetage de poils de caribou. « Le touffetage est une vieille forme d’art », explique la propriétaire Penny Rawlings. Mise au point en 1920, cette technique utilise les touffes de poils d’orignal et de caribou teintes pour créer des images tridimensionnelles.

Touffetage en poils de caribou, une vieille forme d’art au Manitoba, Endroits à visiter au Canada, Churchill, ManitobaÀ la plaza Bayport, à quelques rues de là, nous pouvons admirer dans une vitrine le travail de l’ancienne métis Myrtle deMeulles (article en anglais) qui a une interprétation bien à elle de cette forme d’art. Nous en profitons aussi pour nous informer des activités hebdomadaires sur les ours polaires qui sont affichées au bureau de conservation du Manitoba.

Sublimes aurores

Au plein cœur de l’hiver, la Baie d’Hudson est gelée et les ours polaires s’aventurent alors loin de la côte. « Comme peu d’humidité s’échappe de la baie, le ciel s’éclaircit et nous avons beaucoup de nuits sans nuages, » nous explique le guide local et photographe Alex de Vries (site en anglais). Churchill se situe directement sous une boucle magnétique constituée de particules d’énergie qui la rendent propice aux manifestations spectaculaires d’aurores boréales, surtout entre janvier et mars.

Things to do in Churchill, Churchill, Manitoba
(crédit: Alex de Vries)

Alex, Natural Habitat Adventures (site en anglais), et d’autres voyagistes, dont Aurora Domes et North Star Tours (sites en anglais), amènent les amateurs d’aurores boréales à divers endroits dont l’Aurora Pod, une structure semblable à une serre chauffée par un poêle à granules, et l’observatoire Aurora Domes. Vous pouvez bien entendu admirer les cieux à travers le plafond vitré, bien au chaud, mais si vous désirez prendre la photo du siècle, « vous devrez vous armer de courage et braver le froid glacial de l’Arctique », renchérit Alex de Vries.

L’estomac dans les talons, nous soupesons nos options de restauration, moins diversifiées l’hiver. Oubliez vos préjugés sur la nourriture d’hôpital. Ici, la cafétéria de l’hôpital, établie aussi dans le Town Centre Complex, offre un succulent menu de mets faits sur place, en plus d’une vue magnifique sur la baie. L’autre choix est le restaurant du Seaport Hotel, dont l’omble chevalier fond littéralement sous la dent.

Expédition nordique 

Fuselage de l’avion écrasé Miss Piggy, Endroits à visiter au Canada, Churchill, ManitobaLe jour suivant, nous partons à la découverte des environs à bord de l’autobus de North Star. Nous visitons le port dont la fermeture a créé une controverse (article en anglais) et suivons les mêmes routes que le voyagiste emprunte pour ses randonnées nocturnes, le long de la côte accidentée de la baie d’Hudson. Nous nous arrêtons pour photographier un renard roux et prendre des centaines de clichés d’ours polaires. Nous voyons le fuselage de l’avion Miss Piggy, écrasé en 1979, et terminons notre périple au centre d’études nordiques Churchill (site en anglais).

Les véritables amateurs de la nordicité peuvent s’en donner à cœur joie ici en prenant des vacances éducatives de six jours sur les aurores boréales et la vie sauvage subarctique. À l’aquarium de la baie d’Hudson, nous faisons connaissance avec les créatures sous-marines, puis escaladons l’escalier en colimaçon qui nous mène au dôme d’observation des aurores boréales. En regardant à l’ouest, je peux apercevoir le lance-roquettes, vestige de la Base de lancement de fusées de recherche de Churchill en activité dans les années 1950 et d’où ont été lancées plus de 3 500 fusées pour étudier la haute atmosphère.

Il ne fait pas encore nuit et le ciel est couvert, mais on peut admirer au loin l’éclat rosé du couchant à l’horizon. Je peux déjà imaginer la magie de ce qui nous attend plus tard. « Même si les aurores se manifestent à plusieurs centaines de kilomètres au-dessus de nous, on a parfois l’impression qu’on peut presque y toucher », explique Alex de Vries à la galerie Discovery.

fox

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